C'est le grand jour :
je prends seule l'avion pour la première fois !


Je suis très excitée à l’idée de voyager seule, et, il faut que je le reconnaisse, j’ai l’estomac un peu noué. J’ai demandé à mes parents d’attendre le décollage de l’avion avant de quitter l’aéroport… on ne sait jamais !

Mon vol est annoncé. Avant de passer en salle d’embarquement, je fais enregistrer mes bagages.

«On s’appelle quand je sors de l’aéroport de Nice».
Dire que dans un peu moins de deux heures, je serai au bord de la plage. Quelle chance j’ai !


Avec ma pochette autour du cou, je suis un véritable "UM" !

Dans le langage des compagnies aériennes, je suis un «UM ». C’est une abréviation anglaise qui veut dire Unaccompagned Minor, mineur non-accompagné.

Dans l’aérogare, je fais la connaissance de l’une des hôtesses du vol : Nathalie. Elle me remet une pochette que je devrai porter en permanence. Elle contient : mon billet d’avion, mes papiers d’identité, une autorisation de mes parents et une fi che qui indique le nom et les coordonnées de mon grand-père qui sera à l’arrivée à Nice.


Avant d'accueillir les passagers, les PNC* vérifient que tout est en place dans l'avion...


J’ai expliqué à Nathalie que je voulais écrire un reportage sur son métier. Elle demande au commandant de m’autoriser à embarquer en même temps que l’équipage.

Une fois à bord, je découvre ce que les autres passagers ne verront pas. Le commandant et le co-pilote s’enferment
dans le cockpit pour préparer le vol. Pendant ce temps, Nathalie vérifie que le matériel de sécurité est en place : trousse de secours, mégaphone, système d’alarme anti-fumeur dans les toilettes…

* «PNC» ou Personnel Navigant Commercial :
c’est le nom par lequel les compagnies aériennes désignent les hôtesses et les stewards.


Toujours souriante, Nathalie donne l'impression d'effectuer son travail avec facilité.

Je suis la seule UM sur le vol. Nathalie me place à l’avant de l’appareil à côté d’une fenêtre : c’est la meilleure place pour assister au décollage !

Les passagers entrent les uns après les autres dans la cabine. Nathalie s’active. Elle s’assure que les coffres à bagages sont correctement chargés, elle vérifie que chaque passager est confortablement installé, elle propose une couverture à une vieille dame qui se plaint de la climatisation...


Nathalie reçoit le message du départ. Elle demande aux "PNC" de fermer les portes de l'appareil.




Le commandant de bord communique avec son équipage en utilisant le réseau téléphonique interne.

Après avoir verrouillé la porte devant laquelle il se trouve, chaque « PNC » doit vérifier que le PNC situé sur la porte en face de lui a fait de même.

Nathalie me signale que j’ai oublié de boucler ma ceinture et me propose de l’aide. Mais je vais y arriver seule ! Pas plus compliqué que de boucler sa ceinture dans la voiture des parents. C’est juste que j’avais… la tête ailleurs.


Pendant que l'avion roule vers la piste de décollage, Nathalie présente les consignes de sécurité.

Je ne la quitte pas des yeux. Nathalie accompagne l’explication avec des gestes : indication du chemin lumineux au sol pour guider les passagers jusqu’aux portes ; utilisation des masques à oxygène, des gilets de secours.

Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, mais je n’ose pas lui demander de répéter. Heureusement, il y a une BD dans le vide-poche des sièges. Chaque consigne y est expliquée en français et en anglais.

Tiens, je vais en profiter pour réviser mon anglais.


Sur la plupart des compagnies aériennes, les "UM" reçoivent une pochette cadeau.

BD, casse-tête, crayon marqué, autocollant aux couleurs de la compagnie et un dépliant qui présente l’ensemble de la flotte d’Air France. J’y découvre que l’avion sur lequel j’ai embarqué est un Airbus A 320.

Derrière moi,,un passager explique à une grosse dame le meilleur truc pour réduire le stress en avion : faire respirer à fond dans un sac à vomi… «Le manque d’oxygène, ça calme !», ajoute le monsieur. J’essaierai pour mon prochain
contrôle de maths, on ne sait jamais…


Nathalie propose des rafraîchissements aux passagers.

Nathalie pousse un petit trolley dans la rangée centrale. Pas le moment de se lever pour aller aux toilettes !

Coca ou jus d’orange ?
Jus d’orange. Je pose le gobelet sur ma tablette : attention danger, j’ai pris plein de notes depuis mon départ, je ne tiens pas à les asperger ! Je n’ai même pas encore eu le temps d’ouvrir le magazine que papa m’a acheté au kiosque à journaux de l’aéroport!


A l'atterrissage, Nathalie s'assoit et boucle sa ceinture.




Le commandant de bord annonce que l’atterrissage est imminent. L’avion vire un peu brusquement pour se placer dans l’axe de la piste : j’ai mal aux oreilles.

Tout à l’heure, Nathalie m’a expliqué qu’une fois sa ceinture bouclée, elle refaisait dans sa tête sa chek-list de sécurité : les portes à ouvrir, les passagers à guider… avec sang-froid !


Je suis la dernière à débarquer. J’aperçois mon grand-père qui me fait des signes ! Je pourrais courir le rejoindre mais Nathalie refuse : elle doit d’abord vérifier sa carte d’identité avant de me laisser partir avec lui...